(corpus)

 

bientôt nous enfouirons nos mains dans la terre

et nous pourrons nous mêler à la lente extase

des saisons

 

bientôt nous pourrons choisir le lieu où dissoudre notre esprit

et nous serons tous les cyclones, toutes les tornades

tous les ravages.

 

mais jusque là.

se tenir sur le seuil de l’effondrement

de chaque instant du monde

au lieu (même) du péril de sa vie

 

risquer la transgression des sens

ne jamais s’endormir

ni attente ni espoir

 

nu offert

comme la feuille ou la pierre

à toutes les agressions

donner corps à sa propre rage,

désir transcendé par la ruine de l’homme.

 

construire cette fin du temps

pour retrouver l’intensité de l’unité primordiale

qui est multiple absolu

 

cette nudité est celle de l’enfance

fragile, entière, portée par l’instant

 

ce lieu du péril, du surgissement

de l’éclat solaire et de la nuit de l’âme.