Déclaration d’intention

« DERRIÈRE LE MUR »

« Les Jardins dans les Sables

(Thème pour l’essentiel dialogue avec un poète)

Les Jardins: la part secrète du poème, ce que le conteur se réserve de solitude et de grâce. Le lieu qu’il offre à l’attention divinatrice de Celle qui augure, à la dissertation de l’ami et du frère, en fragile partage.

 

Les Sables: Le tournoi ivre des engageures du monde, où chacun chante en enchantant. Souffrance aussi de toutes les souffrances. Les Sables ne sont pas infertiles. Ils posent le silence dans tout ce bruit alentour. »

 

Edouard Glissant,

Traité du Tout-Monde

 

Cette introduction laissée au grand poète de la créolité est déjà presqu’entier notre programme.

Il existe un jardin clos, précieux comme le coeur comme la cour d’un monastère, rive de silence sur les bords de la Loire entre Nantes et Angers. Savennières.

Territoire de forte intensité de pensée,

 

derrière le mur:

 

_est un lieu de recherche

_est un lieu de création

immatériel

nomade

(car)

notre pensée/action cherche son incarnation.

 

Le « camp de base » est l’atelier de Jean-François Reymond

à Savennières,

ainsi que le jardin clos qui lui fait front.

 

Nous devons penser ce lieu comme une source,

et comme le dépôt de nos traces.

Nous: un groupe d’artistes, de chercheurs,

qui partagent les mêmes fondamentaux,

un même lien à quelques valeurs humaines.

 

La table des matières est à voir/appréhender

comme un cosmos en chantier;

dépôt des balises, des focales de recherche,

de toutes les questions de toutes les frictions,

tous domaines confondus.

La table des matières est à voir

comme le fondement des actions de derrière le mur:

la table des matières

est mémoire vive,

la table des matières est une matrice

de déploiement de pensées multiples, fragmentaires.

 

L’objectif de derrière le mur est:

_de donner corps à ces questions,

_de pérenniser cette attache radicale aux fondamentaux,

les agents plastiques, dans la pratique et la recherche artistique,

_par des rencontres, par l’enseignement, par des événements

des publications, par la création d’une résidence pour artistes ultimement.

 

Pour ce faire:

_le jardin clos, lieu de haute spiritualité;

_le container = l’oeuvre de Jean-François Reymond;

_l’atelier de Jean-François Reymond

 

Le premier événement que nous devons mettre à l’oeuvre est la table des matières.

J’ai redécouvert récemment la revue Acéphale, fruit d’une exigence et d’une intensité commune, en 1936, de Georges Bataille, Pierre Klossowski, et André Masson.

Je crois que nous agissons sur un niveau d’exigence semblable, considérant nos approches artistiques, philosophiques ou spirituelles comme absolument nécessaires à nos vies, et donc affranchies de tout besoin de vendre, de montrer, de se compromettre.

Avec un besoin absolu de dire. Comme Denise Mennet l’annonçait avec ses derniers dessins, parce que le dessin dit:

 

« On peut dire que le dessin est une proposition du thème éternel de l’écoulement du temps dans sa dualité construction-destruction. les analogies, le devenir, sont concrétisés momentanément par le dessin. Les interdits de l’inconnu sont les preuves  à l’évidence de la nécessité de son inscription dans notre mode de pensée. La transcription du concept, de la sensation, de l’intuition, de la sensibilité, sont nécessaires à l’expression de l’acte dessiné. Les techniques font le choix de leurs oeuvres, de leurs artistes, savants, techniciens, enfants, à dessein d’être indispensable à tous.

Le dessin DIT. L’homme le fait vivre pour sa nécessité personnelle. Un galet, un silex, de la graisse animale, des terres écrasées peuvent nous permettre de recommencer. »

 

 

 

Christian Jelk, mars 2014